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Habilitation à diriger les recherches (HDR) de l'université de Bourgogne: "Stratégies de choix du partenaire : importance des mécanismes et des contraintes", soutenue le 11 juin 2014, devant le jury constitué de :

  • Pr François Bretagnolle, Université de Bourgogne, président
  • Pr Emmanuel Desouhant, Université de Lyon 1, rapporteur
  • Dr Valérie Dufour, IPHC, Strasbourg, examinatrice
  • Pr Bernard Godelle, Université de Montpellier 2, rapporteur
  • Dr Gabriele Sorci, CNRS, Dijon, examinateur
  • Pr Clémentine Vignal, Université de Saint-Étienne, rapportrice

Résumé du mémoire : Le processus du choix de partenaire est souvent perçu en écologie comportementale comme un problème annexe à une question plus importante traitant de la coévolution entre les traits exprimés par un sexe et les préférences chez l'autre sexe. Du moment qu'il y a un bénéfice direct à choisir un partenaire, l'évolution des mécanismes de choix a pu sembler triviale. Pourtant, la question du choix entre plusieurs partenaires de qualité différente n'est pas aussi simple et immédiate qu'il y parait. Des difficultés apparaissent à deux niveaux, soit à l'échelle du choix entre un nombre d'options restreintes, soit à l'échelle de la stratégie d'échantillonnage parmi un grand nombre d'options. L'étude des stratégies d'appariement commence souvent par des observations de terrain à l'échelle du groupe ou de la population. Si on constate un appariement non-aléatoire, il est alors tentant de conclure à une préférence sexuelle sous-jacente. Il est pourtant hasardeux de relier le patron d'appariement populationnel et les processus de choix individuels. En effet, on peut générer un patron d'appariement homogame pour un trait continu, la taille par exemple, sans invoquer de préférence pour ce trait. On peut aussi parfaitement générer un patron d'appariement qui semble la conséquence d'un choix aléatoire alors que l'on faisait l'hypothèse d'une préférence sexuelle explicite concernant la taille du partenaire. Donc, les écologistes ne doivent pas se contenter d'observer le résultat du processus de choix à l'échelle du groupe. Pour inférer les critères de choix chez une espèce, ils ne peuvent faire l'économie de travailler en situation contrôlée. Je discute ensuite de la rationalité du choix du partenaire chez une espèce de poisson monogame. Nous avons montré que, chez le Cichlidé zébré Amatitlania nigrofasciata, la femelle semble choisir un mâle de manière transitive et suivant un critère de taille. Il s'agit de la première démonstration expérimentale de choix transitif dans un contexte sexuel. Enfin je montre comment une situation écologique très commune est susceptible de gravement altérer les stratégies d'échantillonnage du partenaire. En raison des couts d'opportunité liés à la compétition par exploitation, les femelles n'ont pas intérêt à se montrer très sélectives : quand le nombre de mâles disponibles est de même ordre de grandeur que celui des femelles, la stratégie optimale consiste à choisir un des tous premiers partenaires rencontrés.

Mots-clés: Amatitlania nigrofasciata, choix de partenaire, Gammarus pulex, homogamie pour la taille, rationalité, stratégie d'échantillonnage

 
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